Les histoires qu’on se raconte

On se raconte tous des histoires mais il serait intéressant de savoir quelles histoires on se raconte. Ce qui nous rend heureux ou ce qui nous attriste, ce ne sont pas les faits en eux-mêmes mais l’histoire qu’on se raconte au moment de ces faits.

Je vais vous donner un exemple: Une maman n’a pas pu se libérer pour aller au spectacle de sa fille, cette dernière l’a vécu comme un abandon. Pourtant, il y des petites filles qui ont réellement été abandonnées par leur maman mais ne ressentent pas ce sentiment d’abandon car la famille d’accueille a su combler cette absence.

En fait, pour un même évènement chaque individu se raconte ce qu’il veut. Tous les enfants abandonnés par leurs parents ne le vivent pas de la même manière. Certains pourront trouver cela injuste, d’autres pourront prendre cela pour une trahison, d’autres encore pourront se sentir rejeté, etc..

Toutes les histoires que l’on se raconte dans notre enfance, vont continuer à nous nourrir à l’âge adulte. L’enfant que nous étions, face à un évènement va vivre une émotion.

Exemple : Je dois réciter une leçon mais l’institutrice devant toute la classe me dit que c’est mauvais. Ceci provoque une émotion et cette émotion va en moi me raconter une histoire:  » Je suis trop nulle »,  » Je ne suis pas capable »,  » Le monde est dur »,  » Ce n’est pas juste » etc..

Cette histoire va créer une forme de pensée qui va se programmer en nous. Et on va tout le temps attirer des situations similaires. Ces croyances vont nous accompagner jusqu’à ce qu’on les identifie. Pour les identifier, on peut se poser deux questions:

Est ce que c’est vrai ?

Est ce que cela me fait du bien?

Lorsqu’une situation bloque, on essaye de voir comment on a pu attirer cette situation et quelle est la croyance qui nous fait attirer cette situation.

Comment se reconstruire après une séparation?

Souvent, lorsque nous nous mettons en couple nous n’avons pas conscience que cent pour cent des couples sont voués à se séparer un jour. Soit parce que nous décidons de quitter la personne, soit parce que nous sommes quittés, soit parce que l’un des deux va mourir. Quel que soit le cas de figure, la douleur est la même et nous traversons une période de deuil.

Lorsque l’un des conjoints décède, il est plus facile pour un individu d’afficher son deuil, sa tristesse il n’est pas gêné de l’exprimer, d’en parler. Tandis que lorsqu’il s’agit d’un divorce ou d’une séparation, il est plus difficile pour un individu d’extérioriser sa douleur alors que les mêmes émotions sont à l’œuvre.

Au départ, ce qui effraie c’est la solitude mais on réapprend à vivre seul au fil du temps. Pour se remettre d’une séparation, on a besoin d’explication. Pour nous, les émotions que nous traversons sont tellement intenses que nous avons besoin d’explications à la hauteur de ce que nous vivons. Or, nous devons être capable d’accepter la raison qui nous est faite de la rupture, quelle qu’en soit la raison afin de sortir de notre zone de confort. Par ailleurs, ce qui va se jouer aussi, c’est le sentiment de dépendance à l’autre. Donc la meilleure chose pour le sevrage reste de mettre fin définitivement à la relation. Laisser l’autre partir, faire son chemin sans garder l’espoir d’un retour éventuel. Enfin, le plus important est de prendre conscience que la douleur que nous ressentons est normale tout comme la phase de deuil. Le défit avenir, pour avancer est de rechercher l’origine de nos blessures pour répondre à nos besoins insatisfaits.

Comment sortir d’une épreuve difficile?

L’épreuve est là pour tester notre résistance psychique et physique et pour nous permettre d’entrer en contacte avec nos ressources, nos forces (que l’on ignore parfois). Une même épreuve peut être vécu différemment en fonction des personnes, elle n’a pas la même intensité d’une personne à l’autre car tout dépend des expériences passées des unes et des autres.

Pour surmonter une épreuve, il faut l’accepter. Accepter une épreuve, ce n’est pas utiliser toute son énergie pour la combattre mais c’est la regarder en face, vivre avec et se demander qu’est ce que l’on peut en retirer de meilleurs ? Qu’est ce qu’elle nous a permis d’apprendre ?. Se servir de l’épreuve comme d’un tremplin pour aller plus haut, plus loin, avancer et devenir meilleurs. Lorsque l’on se retrouve impuissant, il est nécessaire de lâcher prise et de faire confiance à nos ressources qui sauront se manifester (ressources autres que ceux de l’intelligence rationnelle). Lors d’une épreuve, il est également important d’en parler à des proches pour dépasser la honte de se montrer vulnérable et accepter que l’on a besoin d’aide. Enfin, éviter de vous enfermer dans votre routine et agrandissez votre zone de confort.

Qu’est-ce qui nous empêche de nous épanouir ?

Pour nous épanouir, il faut accepter de sortir de notre cocon. Malheureusement, dans la vie quotidienne, nous n’avons pas conscience d’être dans un cocon qui nous empêche de nous développer. Pour éclore, il faut sortir de ce cocon dans lequel on se trouve parfois depuis plusieurs années et se demander à quoi pourrait ressembler notre vie si l’on s’autorise à en sortir. Puisque nos expériences passées créent nos peurs du futur, nous préférons demeurer dans notre cocon ou en d’autre termes dans notre zone de confort.

La première chose qui nous empêche de nous épanouir est la difficulté à gérer nos émotions. Lorsque nous ressentons une émotion, il faut l’accepter et l’accueillir et nous demander comment nous souhaitons y répondre ? Quelle serait la réponse la plus adaptée pour nous ? Pour cela il faut écouter nos besoins et accepter de différer leur satisfaction car avant de sortir du cocon il y a toujours une période de gestation. Or dans nos sociétés actuelles, les individus ont pris l’habitude de tout obtenir en un clic et refusent cette période de gestation.

La deuxième chose qui nous empêche de nous épanouir est la relation que nous entretenons avec notre passé et notre futur. Le passé n’existe que dans le narratif que nous entretenons aujourd’hui. Pour mieux vivre le présent, il faut trouver du sens aux évènements antérieurs. Ce qui s’est passé ne nous définit pas aujourd’hui et ne définira pas notre avenir. Il est important d’avoir un détachement avec le passé. Comprenez que le narratif que nous entretenons aujourd’hui va déterminer si nous continuons à répéter ce passé ou si nous nous autorisons à tourner la page et à débuter un nouveau chapitre de notre vie. Les personnes ont en général peur de tourner la page même si le passé est douloureux car elles préfèrent demeurer dans ce qu’elles connaissent déjà. Il en est de même pour le futur. Les personnes s’angoissent avec une idée qui n’est pas encore arrivée. L’individu va aller dans le futur et en extraire une émotion, par exemple la peur, qui n’existe pas encore et va la ramener dans le présent pour justifier son comportement. Lorsque nous nous trouvons dans le passé et dans le futur, nous ne pouvons pas vivre le présent.

La troisième chose qui nous empêche de nous épanouir est la recherche perpétuelle du perfectionnisme. L’être humain recherche sans cesse un idéal. L’objectif est de donner un sens à sa vie, de marcher vers quelque chose. Une personne perfectionniste ne souhaitera pas par exemple faire lire ses premiers écrits parce qu’elle voudra que la version soit parfaite avant de la faire lire. Finalement, elle ne va jamais rien montrer. Or c’est la somme des actions imparfaites qui tendent vers la perfection. A quand remonte la dernière fois que nous nous sommes autorisés à faire des erreurs et à dire ce n’est pas grave ? Nous avons tenté telle ou telle chose, nous avons échoué, ce n’est pas grave, nous sommes fiers de ce que nous avons fait.

Pour s’épanouir il faut nous demander qu’est-ce qui ajouterait davantage de sens à notre vie aujourd’hui ?

Neurones miroirs

Nos premiers neurones miroirs, c’est notre maman (on grandit à travers l’imitation). Il est donc important que les parents sachent qu’ils sont un modèle pour leurs enfants et qu’ils en assument la responsabilité. Qu’est-ce que les parents veulent que leurs enfants répètent. L’enfant se construit grâce à ses neurones miroirs car il ne peut pas se regarder tout seul. Nous savons donc que nous sommes constamment en imitation. Alors comment devenir acteur et ne plus être dans la reproduction ? Étant donné que nous avons des neurones miroirs, pour devenir acteur, je choisis à qui je veux ressembler. Face à cette maman qui est mon miroir, je garde ce qui est admirable en elle et je refuse ce que je ne veux pas.

  • Lorsque je suis en admiration, je l’assume et je suis capable d’exprimer à la personne mon admiration.
  • Lorsque je suis en réaction (re action), je reproduis une action qui n’est pas la mienne donc je la refuse.

Plus une personne sera en admiration, plus elle lâchera la réaction.

Comment débloquer l’écoute ?

1) S’ouvrir à l’autre et travailler sur nos blessures et nos mécanismes d’auto-sabotage.

2) Arrêter de vivre les rapports humains comme des rapports de force. Nous devons apprendre à créer des rapports d’empathie. Accueillir la différence, ce n’est pas seulement tolérer l’autre mais c’est aussi l’intégrer avec ses différences.

3) Arrêter de construire le rapport humain sur la méfiance mais plutôt sur la confiance.

4) Arrêter de penser dans la dualité (« ou exclusif ») mais plutôt dans la complémentarité (« et inclusif »). Sortir de cette dualité permet de créer des rapports de collaboration et d’appartenance. Nous pouvons avoir des avis différents tout en restant dans la communication. La mutualisation des compétences permet de sentir que chacun a sa place.

Comment écouter nos enfants ?

Souvent nous croyons écouter nos enfants mais pourtant le dialogue s’avère difficile. Il peut y avoir des parasites dans nos échanges qui perturbent la communication. Lorsque nous écoutons nos enfants, cela leur permet de se sentir acceptés et donc de grandir et de se développer. Notre écoute envoie à notre enfant le message suivant : « Tu existes, je t’accepte tel que tu es ».

Beaucoup de parents pensent écouter leurs enfants parce qu’ils leurs donnent des conseils, proposent des solutions, disent : « Tu devrais faire ceci ou cela ». Si nous donnons un conseil à un adolescent, il va se mettre à résister de toutes ses forces. Il a plutôt besoin de quelqu’un qui va écouter qu’est-ce qui se passe en lui, c’est ainsi qu’il pourra se développer. Nous ne devons pas nous mettre à l’écoute de nos enfants dans le but de les faire changer mais dans l’intention de mieux les connaître, les comprendre. Bien sûr, comme dans toute relation, il va y avoir des hauts et des bas.

L’écoute c’est se taire pour laisser l’autre parler. Une attitude d’écoute signifie que nous sommes complètement avec ce que l’autre est en train de partager. Nous devons porter toute notre attention à être avec. Cette attitude crée du lien, crée du « nous ». Si nous nous présentons comme ceux qui savent ce que nos enfants doivent faire, par où ils doivent aller, nous cassons le lien. Pour écouter, il faut qu’il y ait un désir à la base. Nous pouvons très bien dire que nous ne sommes pas disposés à écouter pour le moment. Pour pouvoir écouter l’autre, il faut d’abord apprendre à s’écouter soi-même. Le meilleur moyen de se découvrir est d’observer ce que nous sommes (Quelles sont nos réactions ? A quoi nous réagissons le plus ? Qu’est-ce qui se passe en nous ?). Lorsque nous avons du mal à écouter l’autre, la première personne que nous n’avons pas écouté c’est nous.